VI – La démographie médicale

Les internes de Gynécologie médicale ont d’ores et déjà dégagé un certain nombre de consensus au sujet de la politique sanitaire accompagnant la filière et au-delà :

Point 1 : Juste répartition démographique des professionnels de santé inter et intra régionale par des mesures incitatives et une politique d’aménagement du territoire, garantissant le maintien de la liberté d’installation.

Point 2 : Adaptation du nombre de praticiens formés aux besoins de santé publique.

Point 3 : Accès libre à un suivi gynécologique de qualité pour toutes les femmes.

Les besoins démographiques en gynécologie médicale sont réputés difficiles à quantifier, difficulté inhérente aux partages d’une partie des compétences en cours avec d’autres types de praticiens ainsi qu’à l’hétérogénéité des praticiens exerçant actuellement en gynécologie médicale, comme l’a rappelé l’ONDPS. Il serait ainsi difficile d’évaluer le nombre de praticiens qu’il est nécessaire de former dans le DES. Nous pouvons cependant apporter de nombreux éléments de réponse permettant d’approximer la juste répartition annuelle des postes d’internes.

En 2009, la répartition des postes d’internes a vu une augmentation du nombre de postes proposées pour notre DES, passant de 20 à 27. La répartition dans les régions est globalement équitable avec néanmoins de grandes villes de formation, comme Paris, Bordeaux, Toulouse, Lille et Marseille, l’internat de Gynécologie médicale étant encore absente deux villes.

Si l’on se base sur le rapport de l’ONDPS sur la Gynécologie médicale de 2006, le nombre de gynécologues médicaux actuellement en activité est supérieur à 2000 avec des disparités importantes entre les régions ; ils assurent majoritairement une activité ambulatoire et libérale. La moyenne d’âge de ces praticiens était à cette date de 53 ans… La densité est de 7.5 pour 100000 femmes de plus de 15 ans et de 3 pour 100000 habitants. Ceci ne prend pas en compte l’activité de gynécologie médicale effectué par les praticiens de ville gynécologues-obstétriciens et médecins généralistes avec plus de 1500 praticiens de ce type encore en activité. Les densités sont alors en cumulé, considérant l’activité, de 14 pour 100000 femmes de plus de 15 ans et de 6 pour 100000 habitants. Il faudrait ainsi dans ce cadre former 120 praticiens pour remplacer les effectifs actuels.

Considérant les mutations de l’activité de gynécologie déjà évoquées, avec 40 internes formés annuellement, les simulations montrent que la densité de gynécologues médicaux formera un creux autour de 2020, avec 600 praticiens pouvant exercer, avant de ré-augmenter à 1000 praticiens en 2030, décennie dans laquelle ce chiffre se stabiliserait entre 1100 et 1200 praticiens capables d’exercer. La densité serait alors seulement de 2 gynécologues médicaux pour 100000 habitants, et 5 pour 100000 femmes de plus de 15 ans, c’est-à-dire le tiers de la densité actuellement existante…

Ceci montre une potentialité de pratique, ne tenant pas compte de l’extrême féminisation de la spécialité avec 94% de femmes dans la filière, l’ONDPS écrivant dans la plupart de ses rapports régionaux : « Le rapport souligne que la féminisation est un facteur qui contribuera à la diminution du temps médical… ». A l’instar, cette prévision de tient pas compte de l’augmentation de l’activité de Gynécologie médicale imputable au suivi des patientes à risques, à l’augmentation et au vieillissement de la population, à l’activité de surspécialisation qui n’existait que peu auparavant et aux activités liés à la formation des nouveaux types de praticiens.

Le rapport 2009 de l’ONDPS sur la répartition des postes d’internes demande, quant à lui, une trentaine d’internes formés en Gynécologie médicale, soulignant que dans certaines régions, comme en Alsace, les besoins évalués en Gynécologie médicale sont convertis artificiellement en demande de postes d’internes de Gynécologie- Obstétrique. Ceci met en perspective les récentes déclarations gouvernementales au sujet de l’augmentation des effectifs du DES de Gynécologie-Obstétrique de 20% par rapport aux besoins évalués (correspondant à 30 internes par an !) afin de consolider la pratique de la Gynécologie médicale… Afin de développer l’activité de Gynécologie médicale, c’est bien le DES correspondant qu’il convient de renforcer.

L’AIGM évalue ainsi actuellement les besoins démographiques à environ 50 internes par an, afin de remplir la triple mission d’activité qui incombe à la Gynécologie médicale. Les enquêtes montrent que deux-tiers de ces praticiens se destineront à une activité libérale et le dernier tiers à une activité hospitalière et hospitalo- universitaire, rendant plus hospitalière la pratique de la spécialité qu’elle ne l’était (89% de médecine ambulatoire en 2006).

La filière de Gynécologie médicale s’engage également à réduire les écarts importants (jusqu’à un facteur 5) existant entre les régions en terme de démographie ainsi que la répartition intrarégionale entre zones urbaines et zones rurales, qui est actuellement de 9 pour 1.

Pour ces raisons démographiques, et après analyse dans chaque ville, des conditions locales de formation notamment pratiques, l’AIGM demande, pour 2010, l’ouverture de 40 postes, tels que définis ci-après, dans une répartition géographique superposable à celle de l’ONDPS. L’AIGM rappelle qu’il suffit à cette fin d’utiliser 13 des 350 postes supplémentaires affectés cette année aux spécialités hors Médecine générale générés par la simple augmentation du numerus clausus, pour la Gynécologie médicale, ou bien la moitié des 30 postes affectés artificiellement au DES de Gynécologie-Obstétrique.

Nous rappelons enfin les demandes nouvelles émanant des coordonnateurs locaux et interrégionaux, les Professeurs Weryha et Jeandidier pour Strasbourg, le Professeur Lecomte pour Tours, le Professeur Marpeau pour Rouen, le Professeur Fénichel pour Nice, le Professeur Barrière pour Nantes. Ces villes offrent des possibilités de formation inusitées qu’il convient de mobiliser dans la demande démographique que nous venons de décrire, qui plus est dans des régions qui ne sont pas parmi les plus fortement dotées.